Les secrets du batik

Depuis mon plus jeune âge, je suis curieuse de découvrir la culture d’un pays au travers de ses tissus : contempler, toucher et même sentir les tissus du monde mais aussi comprendre leur processus de fabrication. Je me suis donc glissée pour vous dans un atelier de fabrication traditionnelle du batik, à Yogyakarta.

Le batik : bien plus qu'un tissu

En javanais, son nom signifie « ce qui se dessine, ce qui se peint ». Il s’agit d’un mode d’impression sur tissu originaire de l’île de Java et datant de plusieurs millénaires. Ses secrets de fabrication sont transmis de génération en génération en Indonésie. Cette technique est également utilisée dans de nombreux pays d’Asie, d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient.

Le batik est très important aux yeux des pour Indonésiens. Il possède de nombreuses significations en fonction de ses motifs et couleurs. À chaque étape de la vie correspond un batik (naissance, remise de diplôme, mariage, mort). Les Javanais associent également un type de batik à une ville ou une famille de sultan. Le batik est inscrit depuis 2009 au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

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Les dames de cire © Élodie David

Les 5 étapes de fabrication

Lors de votre passage à Yogyakarta, ne manquez pas de visiter l’atelier de Plentong Batik afin de comprendre toutes les subtilités de la conception d’un batik. Un guide vous accompagne pour vous expliquer les étapes des deux formes de fabrication traditionnelle du batik : celle dite manuelle (batik tulis) et celle dite tamponnée.

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Dessin

On choisit un tissu blanc, en coton (2,5 m X 1 m) ou en soie (3 m X 1,3 m). L’artiste dessine le motif désiré à l’aide d’un calque. C’est une étape relativement longue, de 3 jours pour un motif simple à 1 semaine pour un motif plus complexe.

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Cire

Durant cette étape, la cire chaude est appliquée à la main à l’aide de petits instruments en bambou, les canting. C’est un travail qui requiert une grande minutie aux femmes de l’atelier. Les hommes s’occupent de tamponner les tissus blancs pour y appliquer directement les motifs à la cire (batik fait au tampon). Dans les deux cas, les parties qui doivent être conservées en blanc sont recouvertes de deux couches de cire sur les deux faces pour ne pas être imprégnées par la teinture. La cire est constituée de paraffine, de miel et de graisse animale (vache).

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Teinture

Deux méthodes différentes sont employées pour teindre le tissu. Soit le trempage (5 à 10 minutes), soit l’application au pinceau de couleurs généralement naturelles (à base de bois ou de plantes). Lorsqu’on peint le tissu on peut jouer à nuancer la couleur en grattant certain endroit de la cire.

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Rinçage

On rince le tissu en coton en le faisant bouillir dans de l’eau (20 à 30 minutes) ou le tissu en soie dans de l’essence (3 à 5 heures). Ainsi une fois le tissu rincé, la cire fond et laisse place à la couleur blanche.

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Séchage

Tout simplement à l’air libre et parfois au soleil pour éclaircir le batik.

Chaque opération est répétée autant de fois que nécessaire. Les premières couleurs appliquées sont toujours les plus claires pour terminer par les plus foncées. Le batik joue davantage sur les nuances que sur le nombre de couleurs différentes. Après le séchage d’une première couleur, on recouvre les motifs teints par de la cire pour les préserver durant le trempage de la seconde couleur. Chaque couleur nécessite donc un trempage différent.

Où acheter un batik ?
  • Attention aux vendeurs malintentionnés ! Sachez qu’un vrai batik est vendu à un prix élevé : de 30 € (modèle basique) à 100 € (modèle très travaillé).
  • Privilégiez les ateliers que vous visitez pour être certain de l’authenticité. Cela permet aussi de financer l’atelier et d'assurer la pérennité des artisans.
  • Mon adresse : Plentong Batik, Jl. Tirtodipuran, Mantrijeron, Kota Yogyakarta. Horaires : boutique : tlj. 9 h-17 h 30 ; atelier : tlj. 9 h-16 h.

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